Cerezo Osaka – Kawasaki Frontale : un saut dans le top 5 tout en maitrise

J.League 2017 9e journée : Cerezo Osaka 2–0 Kawasaki frontale

Saitama Stadium 2002 Spectateur : 25738

Il faut parfois être très prudent lorsqu’on avance une série de statistiques, de chiffres. Pourtant, en qualité de promu, le Cerezo montre un premier bilan assez sympathique : 4 victoires, 4 nuls, 1 petite défaite. Avec 11 pions marqués pour 7 encaissées, les Roses d’Osaka s’invitent aux côtés d’Urawa ou de son voisin du Gamba pour truster une place dans le top 5 de cette J-League. Une vraie surprise tant on savait pas trop ce que valait ce groupe, pas franchement souverain en J2 et qui a enregistré des renforts tardifs.  Après 4 matches sans victoires (avec 2 nuls en JC), le dernier étant un 4-4 sur la pelouse du Sagan Tosu), le Cerezo a livré ce dimanche midi la plus belle des copies en Japan League.

On a retrouvé la formation du moment, avec un 4-2-3-1 donnant beaucoup de liberté à l’homme de ce match, Yamamura. Le « Valeron du Cerezo », comme j’aime l’appeler, n’a cessé d’être trouvé entre les lignes. Un signe qui ne trompe pas, car dans son jeu de possession assumé, le Cerezo commence à vraiment trouver du lien, avec un Kyotake qui a de plus en plus de jambes, et un Kakitani décidé à jouer plus d’un quart d’heure par match. En défendant en avançant le Cerezo a régulièrement étouffé une équipe de Frontale totalement orpheline de Kengo Nakamaura. Par son jeu long et sa verticalité, l’international japonais a cruellement manqué à son groupe. Les 45 premières minutes ont vu le Cerezo se créer 3 grosses opportunités, mais à chaque fois Sung-Ryong s’interposait avec brio. 0-0, ce n’était pas cher payé à la pause pour le Cerezo et cela faillit même être cruel si Yu Kobayashi n’avait pas touché la barre sur une panenka mal frappée, suite à un pénalty concédé par Jonjic (44′).  

L’exploit n’est (presque) plus permis

Le second acte était de même facture, le Cerezo tenait le cuir, avec le souci de le mettre au sol, réduisant le Frontale à un jeu de contre qui ne lui sied guère. Il fallait attendre la 67e pour voir Yamamura, depuis le coté droit de la surface, placer un amour de ballon au ras du poteau opposé de Sung-Ryong et ouvrir le score. Le plus dur était fait. Contrairement aux dernière sortie, le coach coréen Jung Hwang passait à une défense à 5 pour verrouiller, avec un milieu à 3 (Souza-Yamaguchi-Kyotake) et 2 homme devant pour empêcher les relances courtes. La formule, peu sexy, fonctionnait bien puisque le groupe ne concédait quasiment aucune occasion (3 tirs cadrés en tout, contre 11 pour Osaka). Le plus intéressant, dans cette formule, c’est que l’équipe ne s’est pas repliée dans ses 25 derniers mètres. Elle a continué de défendre en avançant, avec appétit. Avec pas mal de chance, et une petite main de Sugimoto à l’origine de l’action, Hiroshi Kyotake faisait le break en fin de partie (87′), récoltant de grandes accolades. Trois points on ne peut plus logiques, et qui viennent récompenser un groupe qui fait les choses dans l’ordre, en jouant en bloc, et davantage avec sa tête que ses jambes. C’est en cela que l’exploit n’est presque plus permis, car le jeu peaufine son sens du collectif, en demandant à chacun de faire jouer l’autre. Cela change de ces dernières années.

On finira par dire un mot sur la petite prestation de Kawasaki. Sans idées avec ou sans ballon, la formation D’Oniki a subit les évènements, ne montrant qu’un léger sursaut après le repos. Toujours privé du superbe gaucher, et ancien de la maison, Akihiro Ienaga, et le légendaire Kengo, Frontale est méconnaissable. Le petit Moyoshi semble encore un peu tendre, et Yu Kobayashi est apparru bien seul. Son pénalty raté en est presque anecdotique. La fin de cycle sera rude.

Les satisfactions :

Dans l’idée de rompre la distance entre les lignes, Yamamura se pose en remarquable piston : jamais affolé, même sous pression, le milieu de 27 ans a joué juste. Pour symboliser sa propension à choisir la qualité à la quantité, il lui a suffit d’une frappe pour ouvrir le score. On notera aussi les vraies progrès affichés par Kakitani dans le jeu : il a accéléré quand il le fallait, temporisé quand le jeu le commandé. Il a parfaitement alterné prises de risques et jeu simple, en quittant enfin son couloir pour proposer des fausses pistes à l’intérieur du jeu (et aider un Maruhashi qui monte en puissance). Un dernier mot, enfin, pour Matsuda, qui continue d’afficher une belle régularité dans son couloir droit.

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