J-League 2e journée : Urawa Reds 3 – 1 Cerezo Osaka

J-League 2e journée : Urawa Reds 3 – 1 Cerezo Osaka

Saitama Stadium 2002 (43826 spectateurs).

Une défaite trois en une

Longtemps passif et subissant la loi des Reds très en jambes, le Cerezo s’est logiquement incliné face à plus fort que soi. Pourtant, la dernière demi-heure st venu tordre le cou à une frilosité malvenue de la part de Jung-Hwan Yoon.

En football, il y a toujours le postulat découlant d’un comparatif entre les deux équipes, puis ce que font les acteurs sur la pelouse. Quand une équipe est moins bien armée qu’une autre, et qu’elle se déplace chez l’adversaire, plusieurs écoles tactique s’affrontent pour savoir quelle méthode adopter : rester un bloc bas et compacte pour contrer le favori, ou aller le chercher haut pour l’empêcher d’être à son aise ? Osaka a choisit la première optique, et mal lui en a pris.

Des paires à contre-emploi

Déjà bien rôdée et une nouvelle fois articulée autour d’un 3-4-3 nourri de déplacements généreux et de jeu en une touche, cette équipe des Reds ne gagnera peut-être pas tout cette saison. N’empêche que sa fraicheur et son sens du collectif, emmenés par le brillant duo Aoki-Muto, donneront toute la dose de spectacle qu’on est en droit d’attendre d’une belle écurie. Dès le premier quart d’heure, on a compris que le latérale gauche Y. Maruhashi passerait un matche douloureux. Ses lacunes tactiques reluisantes exposées, il fallait pas plus d’une grosse demi-heure pour qu’Urawa fasse le forcing de son côté en réalisant un break logique, récompensant une expression collective cohérente et un tableau noir bien bossé.

Avec son 4-4-2 à plat, Osaka choisit de garder ses lignes basses (parfois même dans sa propre surface de réparation), mais la présence du duo Kakitani-Sugimoto semblait annoncé une certaine ambition (bien que leur profil se marient difficilement avec l’idée d’un contre). Las. Face à une formation qui relance à 3 et dont la première passe est capitale dans l’élaboration de son jeu, Osaka est resté spectateurs. Pour faire simple, voyez l’incohérence : demander à Kakitani-Sugimoto de presser les centraux et ordonner à la paire Souza-Yamaguchi de rester collée à ses centraux. Des consignes à contre-nature. Comment ne pas profiter du volume et de l’impacte dans les duels de Souza-Yamaguchi ? Et si Kakitani-Sugimoto étaient des modèles d’efforts, de générosité, ca se saurait. Résultat, les Reds ont pu ressortir le ballon à leur guise et tranquillement s’installer dans nos 30 mètres pour travailler un bloc du Cerezo sans aucune agressivité ni idées à la conquête du ballon. Le premier but (voir image) est éloquent : une ouverture au sol de 30m dans le dos du milieu touchant directement la pointe.

Logique, mais…

Evidemment, cette défaite s’inscrit dans l’ordre des choses, Reds et Cerezo ne boxant pas dans la même catégorie. Pourtant, et bien qu’Urawa est baissé de pied après le 3e but inscrit par un altruiste R. Silva (avec un Y. Maruhashi toujours aussi performant pour s’aligner face au jeu), Osaka eu une petite réaction d’orgueil.  Consigne du coach ou révolte d’un groupe piqué dans sa fierté ? L’avenir nous le dira, mais sous l’impulsion de la bonne rentrée de K. Yamamura (ex-Kashima), le Cerezo tenait enfin le ballon plus haut et allait chercher son adversaire dans son camps. La réduction du score de Junjic, servit sur corner par Souza, fit même souffler une petit vent de panique sur la nuque des Reds. Rien de terrible, mais une attitude et une espérance qui récompensent un semblant d’ambition. Peut être qu’à l’avenir, quand le Cerezo se déplacera chez les gros, on ne verra plus de 1er acte comme ça. Ce sera déjà une victoie.

 

Les déceptions :

Au-delà des consignes et du schéma de jeu petits bras, plusieurs joueurs ont exposé leurs limites dans la lecture du match. Sur la lancé de la rencontre d’ouverture, la paire Kakitani-Sugimoto a été déplorable dans le harcèlement et la conservation du ballon. Si l’on évitera de blamer le jeune M. Maruoka (21 ans), comment laisser sous silence la feuille banche de K. Sekiguchi (ex-Reds), membre censé apporter du vécu à ce groupe ? Enfin, on notera aussi la neutralité des changements opérés par Jung-Hwan Yoon ; du poste pour poste permanent.

Les satisfactions :

La liste est courte, mais la révolte entrevue, et initiée par Souza, rend la défaite moins amère. Junjic n’a pas démérité également. Si on doit nommer un garçon qui a marqué des points, c’est bien K. Yamamura. Sûr sur le plan technique, il a n’a pas hésité à se mettre entre les lignes pour faire office de lien entre son milieu et les deux piquets de devant. Déjà un exploit.

Bruno De La Cruz

Journaliste pour le magazine AnimeLand, je suis amoureux du foot nippon depuis que j’ai vu Shinji Ono caresser un ballon. Et je suis tombé sous le charme du Cerezo quand un certain Takashi Inui dansait sur les pelouses de J2 puis J1...

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