Le Japon a-t-il eu raison de se séparer de Vahid Halilhodžic?

C’était donc l’annonce surprise de la fédération japonaise de football (JFA) du début du mois d’avril, Vahid Halilhodžic a été démis de ses fonctions et c’est Akira Nishino qui prend la tête de l’équipe nationale.

L’entraîneur Franco bosnien qui était à la tête des samouraïs bleus depuis mars 2015, ne participera donc pas à la coupe du monde 2018 en Russie après avoir qualifié le Japon.

Même si cette décision peut paraître assez saugrenue au vu du timing, puisque la coupe du monde ne commence que dans 2 mois, elle n’est pourtant pas si étonnante quand on se rappelle la campagne de qualification japonaise.

Et pourtant, Vahid Halilhodžic semblait au moment de sa nomination le bon choix, car Vahid est un entraîneur certes réputé pour sa poigne mais surtout un entraîneur de grande qualité.

En effet, Vahid Halilhodžic a réussi à transformer il y a quelques années le club de Lille, en un club français de premier plan et il restera pour toujours dans le cœur des lillois.

Halilhodžic a de plus l’expérience d’avoir joué une Coupe du monde à la tête de l’équipe d’Algérie avec laquelle il a réussi un très joli parcours, avec une élimination 8e de finale contre le futur du monde l’Allemagne en 2014.

Alors pourquoi une telle décision ?

Tout d’abord, la qualification à cette coupe du monde a été acquise dans la douleur et s’est fait attendre, puisqu’à 2 journées de la fin rien n’était sur.

Et même si le Japon s’est retrouvé dans un groupe difficile avec l’Australie et l’Arabie Saoudite, tous les 2 aussi qualifié pour la coupe du monde, c’est surtout au niveau du jeu que le bât blesse.

Vahid n’a semble-t-il jamais vraiment réussi à transformer l’équipe japonaise en une équipe à son image alliant rigueur défensive, pugnacité et passe dans les espaces.

La nomination de Halilhodžic qui semblait une évidence au vu de la rigueur japonaise qui aurait dû correspondre à Vahid, s’est donc terminé de la moins bonne manière que ce soit.

Même si les raisons de ce départ semblent encore quelque peu secrètes, l’ancien entraîneur français du Japon Philippe Troussier évoque un problème possible avec la fédération japonaise et ses sponsors.

Les déclarations de Vahid Halilhodžic sur les possibles non sélection de Shinji Kagawa et Keisuke Honda ainsi que ses récentes sélections auraient inquiété les sponsors et donc la fédération japonaise.

Les rumeurs parlent elle d’une rupture avec le vestiaire, ce qui sera sûrement très difficile à vérifier vu la culture du secret cher à la culture japonaise.

Pour expliquer cet échec on peut tout d’abord citer la barrière de la langue, qui avec un traducteur est atténué du côté des consignes tactiques, mais ce handicap se fait vite sentir lors d’un discours de motivation ou lors d’une Remise en question d’un joueur.

Ensuite, Choisir un entraîneur européen n’ayant jamais eu de contact avec J.League est un choix dangereux, puisque l’entraîneur doit repartir d’une feuille blanche et apprendre les codes locales.

Vahid Halilhodžic a certes échoué mais ce n’est pas entièrement de sa faute et la fédération japonaise ainsi que les joueurs de l’équipe du Japon ont aussi leur grande part de responsabilité.

Même si cette décision a été dure à prendre je pense que la fédération aurait dû faire ce choix plus tôt et cela n’enlève rien au fait que Vahid Halilhodžic soit un des meilleurs entraîneurs actuel selon moi.

Pour en revenir à l’équipe nationale, la nomination de Akira Nishino semble au vu de la situation la meilleure des solutions, et même si cette coupe du monde sera sûrement un échec, le futur pourrait être florissant avec un entraîneur qui connaît parfaitement tous les rouages du football nippon.

Les plus optimistes pourront se rappeler qu’en 2010 que Takashi Okada avait réussi à emmener le Japon en 8e de finale après avoir remplacé Ivica Osim au pied levé, il est vrai bien plus tôt dans la préparation..

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